L’exposition à certains produits chimiques engendre ou amplifie le risque d’atteinte auditive

Certaines substances chimiques peuvent provoquer des surdités, soit par leur action directe sur la cochlée, soit en décuplant les effets du bruit.



L'oreille humaine est considérée comme constituée de trois parties : externe, moyenne et interne. L'oreille interne comprend la cochlée (organe de l'audition), avec le départ du nerf auditif, le vestibule, l'organe de l'équilibre. C'est cette partie qui est touchée par un produit ototoxique. Un produit ototoxique provoque des lésions dans l'oreille interne, sur la cochlée ou sur le nerf auditif. Fonctionnellement, l'ototoxicité peut générer des baisses d'audition, des surdités ou des acouphènes.


"Une étude dans l’industrie plastique a mis en évidence que le risque de perte auditive était deux fois plus important chez les salariés co-exposés au styrène et à des niveaux de 87dB (A) que chez ceux exposés au bruit seul", selon Benoit Pouyatos, responsable du laboratoire ototoxicité et neurotoxicité de l’INRS.


En France, 780 000 salariés seraient exposés à des produits chimiques toxiques pour l'appareil auditif - ototoxiques -, selon l’analyse des données Sumer et 280 000 sont co-exposés à des niveaux de bruit supérieurs à 85 dB(A). Ces salariés travaillent notamment dans les secteurs de l’industrie manufacturière (industrie chimique, métallurgie, textile, pétrole, papeterie, industrie électronique, etc.), le BTP et l’agriculture.


Pour prévenir les risques auditifs d’une co-exposition bruit - produits ototoxiques, une démarche de prévention impose la prise en compte de ces deux facteurs de risque. Pourtant hormis pour le styrène, dont la VLEP a été récemment révisée, notamment au regard de son ototoxicité avérée, les risques auditifs relatifs à l’exposition aux produits chimiques ne sont pas encore pris en compte dans la règlementation.


Cependant il existe de nombreux agents ototoxiques, comme les solvants aromatiques, tels que le Styrène, le Toluène, le Xylène et l’Ethylbenzène. En France, 200 000 salariés sont exposés au toluène.

Un travail d’analyse de l’INRS publié prochainement, met également en évidence l’ototoxicité des métaux. Selon cette étude, "le plomb, le mercure et l’arsenic peuvent être considérés comme des ototoxiques avérés ; le cadmium, le manganèse, le cobalt, le dioxyde de germanium et le triméthylétain seraient des ototoxiques possibles. Enfin certains gaz, comme le monoxyde de carbone ou le cyanure d’hydrogène (chaudronniers, teinturiers, pompiers, travailleurs de l’industrie chimique…) n’engendrent pas de perte auditive par eux-mêmes, mais ils sont ototoxiques en cas d’exposition au bruit ».

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